Portrait de Robert Cros, artiste contemporain à l’honneur sur Sporting Village 6

Robert Cros

Sensibles au bien-être de chaque résident, nous développons de véritables lieux de vie où la convivialité s’organise autour d’oeuvres d’art,
de jardins paysagers et de salles de sport.

Vendredi 12 Février dernier, l’artiste contemporain Robert Cros est venu installer la statue “L’Épargne II” au sein de la résidence Sporting Village 6. Nous avons souhaité en savoir un peu plus sur la vie de cet artiste originaire des Corbières, son métier, et son oeuvre d’art…

Robert Cros

INTERVIEW

  • Depuis combien de temps effectuez vous ce métier ?

Depuis ma verte jeunesse je m’affaire à la mise en forme d’objets » d’inutile nécessité »

« C’est encore plus beau lorsque c’est inutile ». Edmond Rostand

Depuis 25 ans environs, j’ai lâché toutes activités « normales » pour prendre le risque de vivre de « ça ».

Maintenant depuis plus de 10 ans je suis affilié à « la maison des artistes ». Parce que je suis considéré professionnel dans mon ministère, j’ai pignon sur rue.

  • Qu’est ce qu’il vous a poussé à faire ce métier ?

Tout et rien ne m’a poussé à pratiquer assidûment cette activité, sinon un petit succès rémanent avec ses commandes et ses quelques ventes, un goût, bien sûr, pour l’art, la pratique manuelle, et ce en quoi elle ouvre à « exprimer ». Je n’use pas avec une démesure proche de l’autisme de mes marteaux, ma forge, limes, burins, soudures, perceuses, meuleuses et des étincelles qui accompagnent le travail  en gerbes luminescentes et de l’effort qui constelle le front de gouttelettes diamantines, noirci la face rubiconde et vous parfume tant, que chez le boulanger, tout le monde vous regarde avec étonnement. J’œuvre dans une quasi clandestinité, sans chercher à savoir ce qui motive cette agitation entêtée. On répond sans regimber, enthousiaste et volontaire à ce besoin de passer à l’acte, irrépressible  souvent, quand l’inspiration bouscule l’inertie du  bonhomme et une joie, bien sûr, qui advient, fugace, tout à la fin, quand ça « tient debout »  puis, revient le doute et le cycle reprend son cours. Je n’en sais rien du moteur de cette manie, sinon que j’ai sympathie pour les petits oiseaux, pour les gros et leurs chants qui montent au ciel. J’aime les arbres, les rivières avec les poissons, les bébètes, petites, modestes, les papillons, les sauterelles, les grillons, les chauve- souries,  etc…les horizons vibrants sous le soleil levant, les mers, les vagues, le ciel et les nuages. J’aime le vent qui chante sans hurler sur ma sieste estivale sous l’amandier, la pluie sur l’herbe tendre, les étoiles et leur éternel mensonge à se montrer si petites. J’aime les œufs au plat, le goût de l’ail, le poivre, les patates, le miel et la confiture de figues etc… Ces petites choses pour combler le grand désir de vivre.

J’aime l’homme des champs, des vignes, des mers et des déserts, l’homme des villes, incluses les femmes bien sûr, de Vénus a BB et jusqu’à Maité et la mère Denis. C’est peut être par ambition de dire cet amour pour la vie protéiforme, pour la vie en homme et en  souligner la beauté et la fragilité, librement, qu’on s’agite. J’aime le beau et d’une inspiration, d’une autre, talonné toujours par le doute je tente d’en ajouter à ma vue, d’où je pense, ce perpétuel challenge.

  • Quel message voulez vous transmettre à travers vos sculptures ?

Le messager universel ou Hermès en Corbières…

Bien sûr que je veux transmettre un message! Universel! À l’humanité! Avec empressement! La! Maintenant! Il tient en peu de mots. Il est proche de l’invective courtoise. Il est trivial, éculé, mais ça soulage à chaque fois qu’on le lache, comme ça fait à un cheval libéré qu’on laisse aller au pré au sortir de son box. Le voilà!

Toutefois si tous ceux à qui s’adresse l’injonction et je pense aux plus zélés a être discourtois, cruels et imbéciles, empoisonneurs, armuriers, usuriers, décideurs sans scrupules,etc pas aux guerriers des dortoirs qui assassinent la discipline à coup de traversins, et bien, somme toute, le monde s’en trouverai changé si cette engeance était stoppée dans son ascension vers notre néant  par un sursaut d’humanité. Je n’ai pas la naïveté de croire que ce crie, même hurlé avec la force vocale de 10000000 d’adjudants d’infanterie, entendu en tous coins du globe puisse avoir la portée requise et qu’il se propage comme un feu rédempteur réduisant en cendre à jamais une certaine connerie, endémique a notre espèce, mais l’important c’est de participer.

De grands esprits, depuis des lustres, à coups d’œuvres prodigieuses, peintes, écrites, chantées, sculptées un peu partout dans le temps et le monde travaillent a élaborer le message qui doit réveiller ces consciences. Un jour la vie sera  meilleure, et ce miracle dont nous sommes le résultat par des milliards d’équations opportunes et de combinaisons chimiques et physiques, notre petite planète si belle! Incroyable! L’abritera , dans un amour d’humanité.

Je pense, quand je perds confiance en nous, par une nouvelle information révoltante sur les agissements de l’humain à cette parole de Jésus, le- Jésus- de Guareschi ,le papa de Pépone et Don Camillo voilà ce qu’il dit dans un film s’adressant à Don Camillo impatient de voir les hommes raisonnables.

« Nous avons le temps Don Camillo nous avons le temps »…

Voici les effets de la culture, qu’elle soit populaire, classique, pompeuse, académique, artistique chacun y peut trouver son miel.

Quant à moi la dedans je ne suis qu’un petit bonhomme qui fait tout ce qu’il peut pour ne pas nuire.

Primum non nocere.

  • Qu’est ce qui vous a poussé à participer à la réalisation d’une oeuvre pour une de nos résidences ?

Au premier chef, dit de façon prosaïque, une nécessité physiologique, l’impérieux besoin de se remplir l’estomac (la faim justifie les moyens) et facultativement satisfaire à quelques fantaisies.

Et ensuite par une grande sympathie pour Delphine Sudre qui est venue épousseter mes rayonnages et mettre en lumière par ses bons soins une partie de mes travaux. Et un rien par vanité d’avoir quelque chose quelque part.

  • Est ce la première fois que vous participez à un projet comme celui ci ?

On peut le dire ainsi: c’est une première fois. J’ai en divers lieux publics des œuvres données à voir sans achat conclu, prêtées. Si on veut être vu…et que vive l’objet…Selon l’écrivain Georges Perec, l’artiste est le valet de la bourgeoisie. Il exagère un peu, mais parfois…

  • Quels ont été vous sources d’inspirations pour cette oeuvre ?

J’ai des amis, un peu vieux, la génération au-dessus de la mienne. Ils sont et ont été, paysans, artisans, jardiniers du dimanche. J’ai des souvenirs glanés au contact de la  génération antérieure, encore plus ancienne, les natifs fin 19ème et tout ce beau monde hante ma mémoire. Tous de près ou de loin ont connus la guerre ou les après guerre avec les privations alimentaires et techniques tous ont fait des rêves ou le sucre, l’huile, l’essence bien des choses étaient en abondance, bref! Beaucoup en ont acquis un sens de l’économie, un penchant pour la récupération et par voie de fait leurs lieux de vie trahissent d’un buffet bondé de victuailles, d’une remise encombrée du sol aux solives d’un inventaire incroyable de choses gardées, trouvées et jusqu’au cabanon du jardin qui devient impénétrable. Et de tous ces bocaux, vus, pleins de clous, de vis, de diverses choses qui se donnaient à voir au travers du verre, de toutes ces étagères portant jusqu’à la cassure de vieilles choses dans un désordre proche du chaos, est né en moi ou s’est développé un amour pour ces paysans isolés dans leur ferme, des artisans noyés dans leur ateliers dans les vagues de leur richesse toute faite de ce qui peut servir. Et mes clous ne sont que ça, un amour déclaré pour qui se préoccupe, inconsciemment peut-être, que les « choses » ne viennent pas seules comme ça! Elles ont pour origine le sol, la terre, cette jolie planète ou nous sommes assis. Faudrait voir à ne pas la scier…

  • Quel est son nom ? Et pourquoi l’avoir appelée ainsi?

L’EPARGNE II

Du moins pour la vôtre, car elle a une sœur aînée, la première, un peu plus grande mais que je trouve bien proportionnée aussi,(larguons la modestie).Elle est en altitude la haut à Font-Romeu, (…) Je pense que la lecture en amont vous aura suffisamment instruits sur le pourquoi de ce titre.

  • Quel regard portez vous sur la démarche de Sporting Promotion d’implanter des oeuvres artistique dans ces résidences?

Je ne peux qu’approuver cette démarche. Au premier chef car j’en suis bénéficiaire et en second lieu parce que j’adore, si d’aventure je flâne en ville, en France ou ailleurs être interpellé au coin d’une rue, sur une place, au bord d’une route, sur un aéroport, dans une gare par une présence amie d’hier et d’aujourd’hui. Une œuvre qui parle pour longtemps pour celle ou celui qui l’a faite. Il y a des monuments aux morts, il en faut à la vie Des hommes des civilisations ont vu leur gloire et leur déclin.

Il ne resterait d’eux que  bien peu de choses sans leurs artistes et leurs travaux.

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